Gourmandise | Rubrique 4.6
Marchés béarnais : faire ses courses et prendre des nouvelles
Un cabas pour les légumes, quelques minutes pour les gens : plusieurs façons d’entrer dans la vie du pays.
Un marché n’est pas une carte postale qui aurait appris à rendre la monnaie. On y travaille, on y fait ses courses, on s’y retrouve parfois. Je tiens à ces trois fonctions. La conversation est bienvenue ; elle ne devrait simplement pas faire oublier que la personne derrière l’étal a une matinée de travail devant elle.
À Nay, plusieurs rendez-vous plutôt qu’un seul « jour du marché »
L’office de tourisme du Pays de Nay distingue les marchés de Nay le mardi et le samedi matin, et le marché des halles le vendredi matin. À proximité, il mentionne Coarraze le mercredi et Bordes le samedi. Autrement dit, une envie de marché ne se résout pas uniquement en tapant le nom d’une commune : le jour choisi compte aussi.
J’aime cette lecture du pays par ses rendez-vous. On ne cherche pas forcément la même chose en voulant remplir le réfrigérateur, préparer un repas ou découvrir un bourg. Pour prolonger la sortie, Nay et sa bastide offrent un autre regard sur les lieux. Le marché peut donner envie de lever les yeux ; il n’oblige pas à transformer le commerçant en guide conférencier entre deux pesées.
À Orthez, regarder ce qui est annoncé, pas seulement ce qu’on imagine
La communauté de communes de Lacq-Orthez indique un marché à Orthez le mardi et le samedi matin, entre la place Saint-Pierre et la Moutète. Son inventaire permet aussi de trouver d’autres rendez-vous du territoire, comme Artix le mercredi matin ou Monein le lundi matin. Une carte des marchés est déjà une manière de lire les liens entre les bourgs et leurs alentours.
Être sur un marché ne signifie pas que chaque produit a poussé chez celui qui le vend. Un commerçant peut faire un vrai travail de sélection et de conseil ; un producteur peut raconter sa propre récolte. Les reconnaître ne consiste pas à distribuer de bons et de mauvais points. Cela permet de poser la bonne question : « C’est vous qui le produisez ? Sinon, d’où vient-il ? »
La liste intercommunale distingue également les rendez-vous permanents des marchés gourmands saisonniers. Avant une visite motivée par un produit précis, vérifier le jour et les modalités vaut mieux que se fier à une ancienne affiche.
À Oloron, ne pas confondre halle, plein vent et marché du dimanche
À Oloron-Sainte-Marie, le marché traditionnel du vendredi matin se tient autour de l’Hôtel de ville, sous la halle et dans les rues voisines. La Ville distingue ce rendez-vous de son marché couvert, dont certaines loges ouvrent aussi à d’autres moments de la semaine. Elle présente enfin un marché éthique le dimanche matin sur le parvis de la cathédrale, destiné aux producteurs, avec une charte portant notamment sur la provenance et le circuit court.
Voilà trois repères qui évitent de parcourir toute la ville en demandant où « le » marché s’est caché. Pour se familiariser avec ses quartiers, notre promenade dans Oloron complète ces indications. Je ne vous propose pas de tout voir à la suite : parfois, connaître une place et y revenir vaut mieux qu’une tournée chronométrée de tous les paniers du département.
Dans le Béarn des Gaves, la semaine dessine un autre chemin
L’office de tourisme annonce des marchés hebdomadaires toute l’année : Navarrenx le mercredi matin, Salies-de-Béarn le jeudi matin, Sauveterre-de-Béarn le samedi matin. Le rendez-vous dominical de Navarrenx est, lui, présenté comme saisonnier, de mi-juin à mi-septembre. Il ne faut donc pas le chercher au cœur de l’automne sur la seule foi d’une affiche d’été.
Ces trois haltes ne sont pas un classement des plus beaux marchés. Elles montrent simplement qu’une même semaine propose plusieurs occasions de sortir. Libre à chacun de choisir le bourg, le jour ou la raison de remplir son sac. Le Béarn est assez vaste pour qu’on n’ait pas besoin de départager ses places à coups de superlatifs.
La provenance donne un sujet de conversation très concret
Je commencerais par demander l’origine, la saison et l’usage d’un produit. Pour un fromage de brebis, le nom du fabricant et l’affinage ouvrent déjà une discussion précise. Pour un légume, expliquer ce qu’on veut cuisiner peut être plus utile que chercher celui qui paraît le plus photogénique. Et lorsque la file s’allonge, une question courte est une forme de politesse tout aussi locale qu’un grand bonjour.
Je n’attends pas d’un marché qu’il garantisse à lui seul l’origine de tout, le meilleur prix et une conversation inoubliable. Il offre surtout la possibilité de demander, comparer et choisir. Les réponses, les étiquettes et les personnes comptent davantage que le décor. Un peu de curiosité aide ; un cabas aide aussi, parce que les tomates écoutent très mal les discours sur la convivialité lorsqu’elles finissent écrasées au fond d’une poche.
Pour les jours fériés, les changements d’emplacement ou une sortie liée à un étal particulier, consulter les organisateurs reste le plus sûr. Les repères ci-dessus concernent les rendez-vous ordinaires, pas toutes les animations ponctuelles. Puis il reste à faire ce que le marché permet si bien : acheter quelque chose, prendre des nouvelles si l’occasion se présente, et laisser les gens travailler.
Vérifier son rendez-vous
- Office de tourisme du Pays de Nay, les marchés : Nay, halles et communes voisines.
- Communauté de communes de Lacq-Orthez, marchés locaux : Orthez et autres rendez-vous du territoire.
- Ville d’Oloron-Sainte-Marie, foires et marchés : plein vent, halle et marché éthique.
- Office de tourisme du Béarn des Gaves, les marchés : rendez-vous permanents et saisonniers.